Origine des masques Topèng de Bali

D'après un “lontar”( livre balinais en feuilles de palme cousues sur lesquelles étaient gravés les récits des événements historiques ainsi que les textes sacrés et magiques) de l’époque du roi Dalem Batu-Renggong de Gel-Gel (1460-1550), les premiers masques furent rapportés de Blambangan (Java Est) à Gel-Gel.
En 1525 le roi Dalem Batu-Renggong envoya une armée de guerriers dirigée par son ministre Patih Ularan et son ami I Gusti Jelantik Pesimpangan. Le roi Sri Dalem Juru fut décapité et Blambangan soumise. Pour preuves de sa victoire, I Gusti Jelantik Pesimpangan rapporta à Gel-Gel deux gongs et une boîte contenant des masques. Le conseiller du roi, I Gusti Ngurah Jelantik Wayahan créa le premier spectacle de Topèng construit sur le modèle javanais et utilisé uniquement lors de célébrations religieuses afin de commémorer les ancêtres balinais divinisés. Les histoires avaient donc un contenu balinais. Peut-être est-ce depuis cette époque, début du XVIème siècle, que le Topèng fut utilisé comme danse bebali* dans les temples, et en particulier le Topèng Padjegan* qui ne requiert qu’un seul danseur.
Par la suite, le palais royal s’installa à Klungkung, à quelques kilomètres de Gel-Gel, et c’est approximativement en 1879 que I Gusti Ngurah Jelantik apporta les masques à Blahbatuh. Ils sont depuis lors conservés dans le temple Pura Penataran Topèng à Blahbatuh et sont considérés comme objets sacrés.


Bibliographie : Dr Bandem : Ensiklopedi Tari-Bali
Dr Moerdowo : Reflections on balinese traditional and modern arts.
* bebali : les bebali sont liés aux fonctions rituelles des yadnia (rite sacrificiel), on les verra plutôt dans les temples généalogiques et les résidences des hautes castes, où ils forment un complément obligatoire ou du moins souhaitable des rites de passages.